Pourquoi les traumatismes ignorent le temps ?
Le corps garde la mémoire dans les cellules
Lorsqu’une personne vit un événement traumatisant, qu’il s’agisse d’un accident, d’une agression, d’une guerre ou d’un abus, le cerveau réagit immédiatement pour protéger l’individu. Au cœur de cette réaction se trouve l’amygdale, une petite structure cérébrale en forme d’amande, spécialisée dans la détection des signaux de danger. Dès qu’un stimulus menaçant est perçu, l’amygdale déclenche des réactions automatiques de survie : fuite, lutte ou immobilité. Ces réponses, connues sous le nom de réponses « fight, flight, freeze », sont essentielles pour protéger la personne et augmenter ses chances de survie. Parallèlement, le corps subit une cascade de changements physiologiques, tels que la libération d’adrénaline et de cortisol, l’augmentation du rythme cardiaque et de la respiration, ainsi que la tension musculaire, afin de préparer l’organisme à agir rapidement.
Cependant, l’impact d’un traumatisme ne se limite pas à l’instant présent. Même lorsque l’événement semble oublié, il peut continuer à se manifester dans le corps et l’esprit, parfois des années après. Cela s’explique par la distinction entre mémoire explicite et mémoire implicite. La mémoire explicite correspond aux souvenirs conscients, que l’on peut raconter et situer dans le temps. La mémoire implicite, en revanche, est inconsciente et se manifeste par des sensations physiques, des émotions ou des comportements appris lors de l’événement traumatique. Ainsi, le corps « se souvient » même si l’esprit conscient ne se rappelle plus de l’expérience.
Le traumatisme peut également laisser des traces durables dans le système nerveux autonome, qui contrôle les fonctions involontaires du corps, comme le rythme cardiaque, la respiration et la digestion. Après un traumatisme, ce système peut rester hyperactif ou hypersensible, réagissant fortement à des stimuli qui rappellent l’événement initial. Ces réactions corporelles peuvent inclure des tensions musculaires, des douleurs chroniques, des troubles du sommeil ou des crises de panique, même si la personne croit avoir tourné la page.
Une autre raison pour laquelle les traumatismes « ignorent le temps » réside dans le fait que le cerveau émotionnel, et notamment l’amygdale, ne date pas les expériences. Les événements traumatisants sont enregistrés comme des expériences de survie immédiates, sans repères temporels précis. Par conséquent, une odeur, un son ou une situation similaire à l’événement traumatique peut déclencher une réaction intense, comme si le danger était encore présent. Cela explique pourquoi certaines personnes revivent émotionnellement ou physiquement des événements anciens, parfois de manière soudaine et déstabilisante.
Pourquoi les traumatismes se manifestent aussi dans le corps ?
Les recherches menées depuis la guerre du Vietnam ont joué un rôle majeur dans cette compréhension. Elles montrent que, chez les personnes exposées à des situations extrêmes, les effets du traumatisme peuvent persister pendant des décennies et se manifester non seulement sur le plan émotionnel (anxiété, hypervigilance, cauchemars), mais aussi sur le plan physique : douleurs chroniques, troubles du sommeil, problèmes cardiovasculaires, dérégulations du système nerveux…
Ces découvertes ont ouvert la voie à une vision intégrative du soin. Le traumatisme n’est plus perçu comme un simple souvenir douloureux, mais comme une expérience inscrite dans l’organisme. Travailler avec le corps — sensations, mouvement, respiration — permet alors d’apaiser les mémoires traumatiques, de restaurer la sécurité intérieure et de retrouver une capacité d’adaptation.
En résumé...
Le traumatisme agit sur plusieurs niveaux : le cerveau émotionnel, la mémoire implicite et le système nerveux autonome. Même lorsqu’un souvenir conscient semble effacé, le corps et certaines zones cérébrales continuent de réagir, illustrant que le traumatisme ignore le temps. Comprendre ce mécanisme permet de mieux appréhender les réactions émotionnelles et corporelles persistantes, et ouvre la voie à des approches thérapeutiques adaptées, telles que la psychothérapie, l’EMDR, la thérapie somatique ou les techniques de régulation corporelle, qui visent à libérer ces traces et à restaurer un sentiment de sécurité et de bien-être.
La DMOKA® (déprogrammation par les Mouvements Oculaires, Kinesthésiques et Auditifs)
Cette technique de soin vise à désactiver ou désensibiliser des mémoires traumatiques — qu’il s’agisse de traumatismes violents (accidents, agressions, deuils…) ou de chocs émotionnels, conscients ou inconscients.
Elle aide à soulager des symptômes variés : stress, anxiété, phobies, angoisses, troubles psychiques (ESPT/ PTSD, dépression…), comportements répétitifs ou limitants, addictions, dépendances affectives…
Elle s’adresse aussi aux manifestations psychosomatiques : par exemple, des douleurs, des troubles somatiques, des réactions physiques liées au stress ou à un traumatisme non intégré.
Ce qui distingue la DMOKA®
- À la différence de l’EMDR « classique », la DMOKA® utilise non seulement des mouvements oculaires horizontaux mais aussi verticaux et obliques, ainsi que des stimulations kinesthésiques et auditives — ce qui étend le champ sensoriel mobilisé.
- Elle intègre une technique spécifique nommée TLE® (Technique de Libération des Émotions), visant à “reconnecter” la personne à son ressenti originel — pour permettre le retraitement des émotions bloquées pendant la stimulation.
- La DMOKA® est décrite comme une thérapie brève, potentiellement efficace (parfois une seule séance), ce qui la rend accessible pour un travail ciblé sur des traumas ou blocages.
